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Sculptures en l’île : une étonnante oasis d’art contemporain cachée dans les Yvelines
- Marie Frumholtz
- Publié le 17/09/2018. Mis à jour le 17/09/2018 à 14h58.
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Jusqu’au 23 septembre, une quarantaine d’artistes investissent les berges de Seine et l’Ile Nancy à Andrésy (78).
© Service communication ville Andrésy
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Depuis vingt-et-un ans, chaque été, une quarantaine d’artistes investissent les berges de Seine et l’Ile Nancy à Andrésy (78). Une jolie balade poétique et vivifiante qui s’adresse avant tout aux familles.
Andrésy, petite commune des Yvelines à quelques kilomètres de Conflans-Sainte-Honorine. Là, en bord de Seine, la Maison du Moussel et son parc constituent le point de départ du festival Sculptures en l'Île. Chaque année, cette demeure bourgeoise désaffectée du XIXe siècle et son parc sont pris d'assaut par les artistes. Pour cette 21e édition, sa façade a été recouverte de 4000 CD par la créatrice d’origine hongroise Zsuzsa Farkas. “Un peu de vent, un rayon de soleil, et la maison s’illumine, l’effet est magique” s’enthousiasme Alain Chaneaux, adjoint à la culture à la mairie d’Andrésy et co-commissaire de la manifestation.
Sur le gazon, les sculptures anguleuses jaunes et bleues de Nathalie Camoin-Chanet côtoient l’improbable grenouille en béton d’une tonne d’Anne Procureur. Des créatrices qui donnent le ton de la manifestation qui compte vingt femmes sur les trente-huit artistes sélectionnés cette année par la ville.
La Maison du Moussel a été pour l’occasion recouverte de 4000 CD par la créatrice d’origine hongroise Zsuzsa Farkas.
© Service communication de la ville d'Andrésy
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L’île Nancy, le coeur du festival
Mais il est déjà temps d’embarquer pour l’île Nancy. Une fois sur cette langue de terre étroite et boisée, prenez à gauche après la baraque à frites (“les meilleures de la ville”, paraît-il), pour vous diriger vers Vibrations (Francine Garnier et Alain Engelaere). Des dizaines de rubans colorés tendus entre les arbres et le sol vibrent au moindre souffle de vent. La musique produite, proche d’un son de guitare sèche, fascine autant que les jeux de lumière entre les branchages. Belle entrée en matière avant de s’enfoncer dans le sous-bois.
| Pour Vibrations de Francine Garnier et Alain Engelaere, des dizaines de rubans colorés ont été tendus entre les arbres et le sol. |
La ville, située à seulement quelques centaines de mètres de là, sur l’autre rive, se fait rapidement oublier. Ici, au détour d’un bosquet, légèrement en hauteur, un orang-outan et son petit, en fer et bois flottés (Bruno Lemée), toisent le visiteur.
| Un orang-outan et son petit, une sculpture en bois flotté de Bruno Lemée. |
Là, une tête de bouddha géante (Sophie Billard), suspendue à un arbre, et un peu plus loin, abandonné au sol... son pied.
Une déambulation poétique et connectée
Ne cherchez pas, rien ne relie les trente-neuf installations entre elles. Pas de thématique commune, ni de parcours prédéfini pour le visiteur. Les artistes ont chacun choisi leur place. Seules l’écologie et la poésie se distinguent comme les deux dominantes. Avec un message parfois direct. Des cadres accrochés aux arbres (Sylvie Verhée) contenant des photos d’hirondelles, de moineaux et autres hérons ; à côté, une pancarte assène : “30% de nos oiseaux ont disparu. Supporterons-nous des printemps silencieux ?”.
| La grenouille en béton d’une tonne, signée Anne Procureur. |
