« Quant au miroir, il est l’instrument d’une universelle magie qui change les choses en spectacle, les spectacles en choses, moi en autrui et autrui en moi. » Merleau-Ponty
Depuis vingt-et-un ans, chaque été, une quarantaine d’artistes investissent les berges de Seine et l’Ile Nancy à Andrésy (78). Une jolie balade poétique et vivifiante qui s’adresse avant tout aux familles.
Andrésy, petite commune des Yvelines à quelques kilomètres de Conflans-Sainte-Honorine. Là, en bord de Seine, la Maison du Moussel et son parc constituent le point de départ du festival Sculptures en l'Île. Chaque année, cette demeure bourgeoise désaffectée du XIXe siècle et son parc sont pris d'assaut par les artistes. Pour cette 21e édition, sa façade a été recouverte de 4000 CD par la créatrice d’origine hongroise Zsuzsa Farkas. “Un peu de vent, un rayon de soleil, et la maison s’illumine, l’effet est magique” s’enthousiasme Alain Chaneaux, adjoint à la culture à la mairie d’Andrésy et co-commissaire de la manifestation.
Sur le gazon, les sculptures anguleuses jaunes et bleues de Nathalie Camoin-Chanet côtoient l’improbable grenouille en béton d’une tonne d’Anne Procureur. Des créatrices qui donnent le ton de la manifestation qui compte vingt femmes sur les trente-huit artistes sélectionnés cette année par la ville.
La Maison du Moussel a été pour l’occasion recouverte de 4000 CD par la créatrice d’origine hongroise Zsuzsa Farkas.
Mais il est déjà temps d’embarquer pour l’île Nancy. Une fois sur cette langue de terre étroite et boisée, prenez à gauche après la baraque à frites (“les meilleures de la ville”, paraît-il), pour vous diriger vers Vibrations (Francine Garnier et Alain Engelaere). Des dizaines de rubans colorés tendus entre les arbres et le sol vibrent au moindre souffle de vent. La musique produite, proche d’un son de guitare sèche, fascine autant que les jeux de lumière entre les branchages. Belle entrée en matière avant de s’enfoncer dans le sous-bois.
Pour VibrationsdeFrancine Garnier et Alain Engelaere, des dizaines de rubans colorés ont été tendus entre les arbres et le sol.
La ville, située à seulement quelques centaines de mètres de là, sur l’autre rive, se fait rapidement oublier. Ici, au détour d’un bosquet, légèrement en hauteur, un orang-outan et son petit, en fer et bois flottés (Bruno Lemée), toisent le visiteur.
Un orang-outan et son petit, une sculpture en bois flotté de Bruno Lemée.
Là, une tête de bouddha géante (Sophie Billard), suspendue à un arbre, et un peu plus loin, abandonné au sol... son pied.
Une déambulation poétique et connectée
Ne cherchez pas, rien ne relie les trente-neuf installations entre elles. Pas de thématique commune, ni de parcours prédéfini pour le visiteur. Les artistes ont chacun choisi leur place. Seules l’écologie et la poésie se distinguent comme les deux dominantes. Avec un message parfois direct. Des cadres accrochés aux arbres (Sylvie Verhée) contenant des photos d’hirondelles, de moineaux et autres hérons ; à côté, une pancarte assène : “30% de nos oiseaux ont disparu. Supporterons-nous des printemps silencieux ?”.
La grenouille en béton d’une tonne, signée Anne Procureur.
Et si l’envie vous prend d’en savoir plus sur telle ou telle oeuvre, le Chatbot “Sculptures en l'Île” — un logiciel conversationnel conçu par la start-up Ask Mona — peut répondre à vos questions. Il suffit simplement de l’ajouter sur votre application Messenger et de lui envoyer la photo de l’installation. L’intelligence artificielle se chargera de la médiation.
« C’est la peur des araignées qui m’a poussée à réaliser cette œuvre. Maintenant, je n’ai plus peur ! L’art-thérapie, ce n’est pas mal du tout », plaisante Christelle Chanabaud. Cette artiste originaire de Sologne est l’auteure de « Spider Mom », une sculpture faite de plâtre et de résine acrylique de 2,70 m de haut exposée dans le parc de l’Hôtel de ville. Depuis trois ans, elle participe avec ses œuvres à Sculptures en l’Île.
Grâce à son assiduité, elle aurait pu faire partie des invitées d’honneur de cette édition, mais ce sont finalement trois autres artistes qui ont reçu cette distinction. Anne Procureur a réalisé quatre sculptures également exposées au parc de l’Hôtel de ville, Nathalie Camoin-Chanet propose une œuvre visible à la gare Saint-Lazare à Paris.
« Spider Mom » est une œuvre de 2m70 de haut qui a été utile à son artiste, Christelle Chanabaud, pour lutter contre sa phobie des araignées.
Troisième marraine, l’artiste hongroise Zsuzsa Farkasest l’auteur de Monde à l’envers, un projet artistique qui investit complètement la Maison du Moussel, avec plus de 4 000 CD gravés accrochés pour la transformer en œuvre à part entière. « Je suis très honorée d’être l’une des invitées de cette exposition, car j’ai mis en valeur le lieu, et que le lieu m’a aussi mise en valeur », a réagi l’intéressée qui participe pour la première fois.
« C’est vrai que la particularité de cette année c’est d’avoir pas une mais trois invitées d’honneur », a souligné l’édile Hugues Ribault (LR). « C’est une visite qu’on a pensé pour les familles, c’est très inter-générationnel », commente-t-il. L’exposition est libre et gratuite, et dure jusqu’au 23 septembre prochain à Paris et sur l’île d’Andrésy.
Muriel Pénicaud, ministre et photographe
L’actuelle ministre du travail s’expose, elle aussi à Sculptures en l’île. A la différence des autres artistes présents, elle n’expose pas de sculpture mais des photographies. « Elle a une passion pour les photographies d’oiseaux et des portraits de femmes », glisse un membre de l’organisation de l’exposition. Présente pour la première fois, elle expose 22 de ses clichés de volatiles en noir et blanc. Elle devrait également être présente l’année prochaine pour exposer, cette fois des portraits de femmes, « qu’elle soit ministre ou non », plaisante le maire d’Andrésy Hugues Ribault.
Le deuxième article a paru dans le journal Des Deux Rives
Art contemporain
Sculptures en l'Île : de la réalité aux "illusions d'optique »
Par:
Rodrigo Acosta
Le :
Vendredi, 18 mai, 2018 - 10:47
La 21e édition de Sculptures en l'Île à Andrésy a une résonance nationale et internationale. Cette édition fait une triple innovation, en mettant en valeur trois artistes, côté femmes VIP : Nathalie Camoin-Chanet, Zsuzsa Farkas et Anne Procureur. Le genre est à la mode et Andrésy le montre aussi. Enfin, l'alliage art et nature est réel et imaginable, mais lorsque l'on regarde de près, cela pourrait devenir une "illusion optique".
Ouverture à tous : du 18 mai au 23 septembre 2018. Voir le reportage photos i(link is external)ci.
La « cabane rupestre » de Christian Droin est à découvrir à Andrésy, à l’occasion de la 21e édition de Sculptures en île, événement culturel très couru. DR.
En plein air avec l’expo d’art contemporain à Andrésy ou la color run à Conflans, ou en intérieur avec le concert de Gauvain à Rambouillet, les occasions de sortir ne manquent!
L’art contemporain s’expose en plein air à Andrésy
Jusqu’au 23 septembre, 40 000 visiteurs sont attendus à Andrésy pour l’événement culturel à ne pas manquer : sculptures en l’île. Le concept ? Des sculptures, de l’art contemporain, une île.
Les spectateurs pourront évoluer dans les allées de l’île Nancy, mais aussi, et dans une moindre mesure, dans le parc de l’hôtel de ville et dans le parc Moussel où la Hongroise Zsuzsa Farkas,invitée d’honneur de cette 21e édition, a installé une illusion d’optique « renversante » au sens littéral du terme. On y trouvera aussi les superbes vitraux de Pascal Morabito, créateur qui navigue entre design, joaillerie et mode.
Cette année, l’exposition en plein air s’étale jusqu’à la gare Saint-Lazare, à Paris, où les amateurs d’art pourront apercevoir « Carmen », une œuvre de Nathalie Camoin-Chanet qui symbolise la femme contemporaine, libre et audacieuse. Sorte de mise en bouche avant de grimper dans le train qui conduira les visiteurs jusqu’à Andrésy, l’installation de cette œuvre dans un lieu de grand passage provoque ici aussi une rencontre étonnante entre l’art contemporain et le grand public.
Une quarantaine de créateurs participent cette année à cet événement qui ne déçoit jamais.
Jusqu’au 23 septembre, à l’île Nancy (traversée gratuite du mercredi au dimanche de 10 heures à 19 heures), à la Maison du Moussel et dans le parc de l’Hôtel de ville, du mercredi au dimanche ainsi que les jours fériés de 10 heures à 19 heures.
Article se trouve ici:
Des idées de sorties dans les Yvelines pour le week-end des 26 et 27 mai - Le Parisien